Janvier 2009
LMMJVSD
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930311

La terre est ronde

Zdagzdaguitation sur d’autres mondes

Ronde mais multiforme
dimanche 20 mars 2005.


Tout à côté d’une rivière, proche d’une colline de sable fin, vivait un village aux milles couleurs. La pèche y était très pratiquée. Il faut dire que l’eau de cette rivière permettait disait-on de bien gros festins. L’eau avait permis de faire pousser de petites cultures de fruits et de légumes dont la pulpe rafraîchissait autant, selon les dormeurs comptant les étoiles, que la rosée du matin.

Dans ce village, les habitants avaient tous adopté les mêmes façons de vivre, que cela soit dans les moments de solitude ou pendant les échanges collectifs. Mariage au pied de l’arbre frontalier d’avec la colline de sable fin, célébration des naissances pas avant la nouvelle lune, travail à l’heure rémunéré en kilo poisson, kilo fruit ou kilo légume. Un matin de pluie, une femme dont l’age était difficile à déterminer, est venue rendre visite au village tout entier, pour proposer des paniers en osier. Ces paniers pouvaient être adaptables à la grosseur de n’importe quel fruit ou légume et même, prétendait-elle, pouvaient permettre de conserver les poissons fraîchement péchés sans que ceux-ci n’y trouvent le moyen de s’en évader.

Les arguments de la femme aux paniers d’osier étaient tellement convaincants, que les habitants du village près de la rivière ont très rapidement tous voulu de ces paniers incroyables. Devant tant de demande, la femme aux paniers décida de venir avec sa famille et ses maîtres d’œuvre pour s’installer dans le village afin de les construire sur place.

Les affaires furent très bonnes pour les fabricants de paniers en osiers, et les taches quotidiennes du village en ont été que très allégées. Un matin de printemps, la femme aux paniers a marié sa fille. Elle ne le fit pas sous l’arbre frontalier d’avec la colline de sable fin, mais au bord de la rivière. Certains villageois disaient aux autres qu’ils savaient depuis le premier jour que cette femme-là n’était pas comme eux. Elle mangeait le poisson après les avoirs fait noircir au feu de bois, sans en enlever les arrêtes et épissait ses plats du jus qu’elle obtenait des olives vertes après les avoir longuement pressé. Le village se réunit afin de discuter du trouble de leurs pratiques quotidiennes communes. Certains optaient pour chasser les fabricants d’osiers par-delà la colline de sable. D’autres préféraient imposer leurs pratiques en échange de la possibilité de rester.

Le plus vieux des pécheurs, qui avait goutté à l’eau de toutes les rivières du pays, pris la parole à cet instant.

« J’ai bu de l’eau dans chacune des rivières de ce pays. J’en ai savouré les délicieux poissons. Mais sachez que je n’ai jamais vu de panier en osier garder au frais mais poissons de la sorte. On dit que les mains de l’homme créent de belle chose que si que le cœur en porte chacune de leurs idées. Si vous interdisez à ces personnes du village de se marier près de la rivière ou de manger leur poisson au feu de bois avec leur arrêtes, demain vous n’aurez plus de panier en osier pour vous aider dans votre travail. Leur cœur n’aura plus de flamme à l’ouvrage, et leur mains plus d’idée à porter. Je propose ainsi que soit inscrit sur l’arbre frontalier d’avec la colline de sable ceci : Dans ce village, est proclamé le droit de vouloir vivre différemment des autres. Le respect de toutes les pratiques impose que les unes ne livrent pas de guerres aux autres et inversement ».

Ainsi, et pendant plusieurs changements de lune, dans ce village, plusieurs humains aux convictions différentes cohabitèrent en paix.

Puis le monde de l’argent roi et de la culture intensive machinisée ont envoyé leurs prophètes en cravate noire pour remplacer les canes à pèche par des filets. Les plusieurs villages ont disparu pour n’en faire apparaître plus qu’un. Un des dormeurs comptant les étoiles, triste de voir la mise à mort de l’arbre frontalier d’avec la colline de sable devenue goudronnée, s’en alla au plus haut des collines du sud du pays pour graver sur le plus vieux des arbres : D’autres mondes sont possibles. En parallèle de ce monde, créez votre façon de vivre, de consommer et d’agir avec les autres. D’autres mondes sont possibles, reste à vous de les créer.

L’eau de la rivière continue à couler... Elle n’offre plus que de mince poisson, triste de ne voir sur ses berges aujourd’hui qu’un seul monde, et ce, du pole sud au pole nord. Elle espère qu’elle pourra donner des poissons assez de temps encore pour pouvoir voir pousser à ses pieds des mondes où on revient s’y baigner.

Conte de marieposa....>>>> wwww.marieposa.com...



Forum de l'article

-  Il y a 1 rÈponse (total 4 messages)