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Pas de vie sans la mort

Zdagzdaguitation mortuaire

Mort pour la vie
jeudi 13 janvier 2005.


La vie est ce qu’on en fait. La mort apparaît comme on veut bien la voir. La mort est mort, mais sans elle pas de vie. L’histoire de cette petite fleur en témoigne. Elle a raconté son histoire un jour à ce marcheur sans heure qui passait là, un soir de grand froid. Le marcheur, une fois arrivé au village, a conté cette histoire à son tour et cette petite mélodie a fait ainsi le tour du monde. Elle est gravée sur les toits de babylone et raisonne à toutes les heures de malheur, pour votre bon coeur.

La petite fleur émue par la fatigue du marcheur sans heures lui demanda ce qu’il cherchait avec tant de courage. Il lui répondit qu’il cherchait l’eau de ce puy dont on disait qu’une seule goutte pouvait donnait la vie éternelle.

La fleur se mit à rire et à rire sans cesse. Le marcheur vexé croyait que la petite fleur se moquait de lui et pris la décision de continuer son chemin. "Ne parts pas, je vais t’expliquer pourquoi je rigole ainsi".

"Monsieur le marcheur sans heure, cela fait des années lumières que je suis ici, sans mourir sous les pats insoucieux des hommes, sans mourir sous les bouquets amoureux cueillis avec délicatesse par les femmes ni sous les jeux hasardeux des enfants. J’ai vu passé un nombre incalculable de fois la lune dans le ciel. Parfois même, des bombes sont venues troubler mon sommeil. Je renais à chaque fois, sans pouvoir me dire jusqu’à quand".

"Tu as été arrosé par l’eau de ce puy dont on raconte qu’elle donne la vie éternelle alors ! sais-tu où il se trouve jolie fleur" !

"Tu peux me trouver jolie, mais je veux seulement te dire que j’ai vu bien des choses qui ne me permettent plus de voir la beauté du monde. De même, sans la perspective de la mort, ma vie ne m’intéresse plus. Pourquoi je profiterais d’elle dans chacun de ses instants magiques puisque je sais que je pourrais en vivre et en revivre jusqu’à la fin des temps".

"Ne dis pas ça jolie fleur, c’est la mort qui rend triste les humains dans leur vie. Dis-moi où est le puy" !

"Monsieur le marcheur sans heure, sachez que si chacun des êtres vivants avait la vie éternelle, vous ne seriez pas en vie. Car les premiers humains auraient pensé qu’au bout d’un certain temps, la naissance porterait atteinte à l’équilibre de la planette et les auraient interdites fermement. Vous ne seriez donc pas né. De même, le monde serait aujourd’hui gouverné toujours par les mêmes hommes, trop soucieux de la sauvegarde de leur intérêt, et le changement serait une notion inexistante. Et sachez que les humains, à force d’avoir parcouru le monde des centaines de fois, auraient vu tant de fois la lune passer dans le ciel, que plus de magie existerait dans leur coeur. Et vous monsieur le marcheur sans heure, si vous aviez eu la vie dès les premiers temps de ce monde, vous chercheriez le puy dont l’eau donne la mort".

"Monsieur le marcheur", finit-elle, "croyez-moi sur parole. La vie existe parce que la mort existe. Votre mort doit vous apparaître comme ce qui vous motive dans votre vie. Il ne faut pas en avoir peur car c’est elle qui vous fait réfléchir, qui vous fait avancer, et qui vous fait par ailleurs marcher ainsi sans heure. Que feriez-vous à cette heure-ci de grand froid sans l’idée de la mort" ?

Le marcheur sans heure estima qu’il était 5h de l’après-midi à la vue de la position du soleil. Que c’était l’hiver ici, et qu’il lui restait assez d’années à vivre pour regarder passer la lune dans le ciel tout en y décelant les magies cachées.

« Je vais aller au village petite fleur. Peux-tu me dire, toi qui regarde le ciel depuis des années lumières, où se trouve l’étoile du berger une fois la nuit tombée » ?

« Monsieur le marcheur, je ne sais plus de quel côté elle est. Je ne la vois plus depuis des siècles, même si elle se trouve toujours sur ma tête le soir tombé. Je peux seulement vous dire qu’à la vue de ma tige piétinée depuis des années, les humains se dirigent par là bas quand ils passent. Vous n’allez pas au puy alors » ? "Non merci jolie fleur, je vais parler aux humains du village".

"Je n’ais pas besoin de vous dire alors que ce puy n’existe pas et qu’il est juste invention des humains qui ne trouvant plus de raison de vivre, se mettent à chercher la solution contre la mort plutôt que de trouver ce qui pourrait rendre leur vie plus heureuse".

"Ce que j’ai compris petite fleur sans heure, c’est que je mourais un jour et que c’est ce qui me motive dans ce que je veux réaliser. Si cela n’avait pas été le cas, quand je cherchais le puy à l’eau éternelle je me serais arrêté devant le froid et sous le coup de la fatigue. De ce même pat, je m’en retourne au village pour y faire ce que mon coeur trouvera à y faire à la vue de la lune dans le ciel". "Au fait petite fleur sans heure, sais-tu pourquoi toi et toi seul a la vie éternelle ?"

"Juste pour raconter aux marcheurs sans heure que demain il sera 8 heures à 8 heures et qu’il n’y a pas de bonheur dans la vie sans l’idée de la mort. Au fait monsieur le marcheur, je voulais seulement vous dire avant que vous partiez, que parfois on dit les choses qui nous paraissent bon de dire. Si vous repassez par ici un soir de grand froid et que je n’y suis pas, allez dire au village que les fleurs ont la vie fragile en ces temps que font courir les humains".



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